Y’a pas de meilleur moment pour faire entrer de la nouveauté dans sa vie que le printemps! Les Trappeuses en profitent cette année pour inaugurer une toute nouvelle section « Bibliothèque » sur le blogue. Essais, livres de recettes, guides pratiques et ouvrages de référence sur nos thèmes de prédilection seront évidemment à l’honneur, mais nous en profiterons aussi pour faire un petit tour d’horizon de livres déjà parus et qui vous attendent sur les tablettes de votre librairie favorite (n’oubliez pas d’encourager les indépendantes!) ou de la boutique écolo de votre quartier. Les Trappeuses les lisent pour vous, et vous parlent de leurs coups de cœur!

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13183119_10154154551049481_958041171_nPour lancer notre nouvelle section « Bibliothèque », avec l’équipe, on s’est dit qu’il fallait absolument vous parler d’une belle nouveauté : Le Défi végane 21 jours d’Élise Desaulniers, paru le mois dernier aux Éditions Trécarré.

Pourquoi spécialement ce livre-là? Parce que le véganisme est clairement un sujet de l’heure et parce que l’événement Le Défi végane 21 jours, qui lui donne son nom, se déroule en ce moment même, du 1er au 21 mai! Comme Mariane et Marie-Hélène, vous l’avez peut-être déjà essayé, ou vous êtes peut-être en plein dedans. Ou comme moi, vous envisagez la chose mais vous avez certaines incertitudes, vous vous demandez par où commencer, vous auriez besoin d’arguments convaincants et appuyés. Vous êtes peut-être même de ceux qui se demandent encore ce que ça peut bien manger, un végane – surtout en hiver – et c’est bien correct. Que vous soyez pour, contre, sceptique ou dans le noir, ce livre est pour vous dans tous les cas.

Rappelons rapido, pour les néophytes, la différence entre végétarisme, végétalisme et véganisme: le végétalisme, comme le végétarisme, est un mode d’alimentation. À la différence des végétariens, qui ne mangent pas de viande ni de poisson, les végétaliens excluent de leur assiette tous les produits d’origine animale, dont les œufs, le lait, etc. Les véganes, quant à eux, excluent carrément de leurs habitudes de consommation les produits découlant de l’exploitation des animaux (par exemple les vêtements et les meubles en cuir, en laine ou garnis de fourrure, la cire d’abeille, les cosmétiques à base de graisse animale ou testés sur des animaux, etc.). Le véganisme, c’est un mode de vie à part entière, qui peut être motivé par des préoccupations diverses touchant l’éthique animale, mais aussi la santé et l’environnement. Mariane vous a déjà raconté l’an dernier son expérience personnelle avec le Défi, ses raisons de tenter le coup et ses prises de conscience existentielles ici. C’est un témoignage vraiment intéressant que je vous invite à lire ou à relire! :)

Une approche décomplexante, inspirante, motivante

Pour ceux qui ne la connaissent pas déjà, Élise Desaulniers est chercheuse indépendante, conférencière, blogueuse et militante pour les droits des animaux. Le Défi végane 21 jours est son troisième ouvrage, après Je mange avec ma tête. Les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké, 2011) et Vache à lait. Dix mythes de l’industrie laitière (Stanké, 2011). Elle est aussi récipiendaire 2015 du Grand Prix du journalisme indépendant, catégorie « Opinion ou analyse à l’écrit ». Lecteurs, vous êtes donc entre bonnes mains. ;)

13183075_10154154551044481_478669596_nDans les faits, Le Défi végane 21 jours ne se range pas exactement sur la tablette des essais : il s’agit d’un guide d’introduction au véganisme, et je le déposerais personnellement bien en vue sur ma table de chevet ou mon comptoir de cuisine plutôt que dans les rayons de ma bibliothèque. Car j’aurai certainement besoin autant qu’envie de revenir souvent à cette petite bible de 184 pages, et ce, même dans le cas où je n’en viendrais pas à me définir comme végane à court, moyen ou long terme. Il y a nécessairement du bon et de l’utile à aller chercher dans le foisonnement de trucs, témoignages, conseils, données, définitions, recettes et suggestions de lecture « pour aller plus loin » qui sont présentés dans l’ouvrage, où qu’on en soit dans ses prises de conscience ou ses résistances. Au lieu d’opter pour la confrontation, l’auteure donne l’impression de nous faire entrer dans une conversation décomplexée, visant à nous inspirer au changement et à nous donner un maximum de sources de motivation pour ce faire. Elle laisse ses opinions teinter son propos, c’est admis, mais elle ne tombe jamais dans le piège de la rigidité. Une posture très efficace, à mon avis : on a souvent plus besoin d’accompagnement que de tapes sur les doigts pour se décider, non?

Il ne s’agit donc surtout pas, dans les mots de l’auteure elle-même, de faire peser sur le lecteur la pression de « remplir la checklist du parfait végane », mais d’expliquer les enjeux de l’exploitation animale, la manière de contourner au maximum (et de façon cohérente) les produits qui en sont issus dans nos habitudes de consommation, tout spécialement dans notre assiette, et de « déboulonner » au passage des idées reçues qui ont la vie dure, par exemple le fameux spectre des carences nutritionnelles.

Pourquoi, quoi et comment changer… mais aussi s’assumer!

Les quatre premiers chapitres du livre sont consacrés à donner des pistes d’accompagnement pour tenter le Défi végane 21 jours, en répondant au pourquoi, au quoi et au comment changer. C’est le b.a.-ba, il fallait commencer par là. Élise Desaulniers y décrit les enjeux éthiques, environnementaux et santé de l’omnivorisme et de l’exploitation des animaux, et la manière dont l’adoption du mode de vie végane intervient dans tout ça, sources, témoignages et informations nutritionnelles à l’appui.

Mais là où vraiment, j’applaudis la démarche, c’est dans les parties suivantes. Élise Desaulniers s’attache dans les chapitres 5 et 6 à reconnaître que modifier ses habitudes en profondeur, durablement, ça peut être confrontant et susciter énormément de questions, de discussions qui risquent de nous challenger dans nos résolutions. On n’entend pas si souvent parler de la difficulté de faire accepter le véganisme (et les végétariens se sentiront certainement concernés aussi) dans la famille, au travail ou dans le cercle d’amis, et pourtant, c’est une réalité qui existe et dont il faut parler, surtout quand on frôle l’intimidation, tant du côté des nouveaux convertis que des résistants. Personnellement, je mange déjà assez peu de viande depuis un bout, mais l’une des choses qui me retient encore à la table des omnivores, c’est le risque de vivre avec certaines personnes de mon entourage l’équivalent alimentaire d’un petit Printemps 2012 dès qu’il serait question de mes nouveaux choix. (Et je porte des dreads, c’est pas comme si j’avais peur de voir venir les jugements, en général hehe.) Dans ma tête, le véganisme, ça devenait une vraie croisade à cause de ça. Mais c’était avant de lire le livre, car comprendre les défenses d’autrui, se donner le droit de ne pas répondre quand on est sommé de se justifier comme si on était un expert en nutrition et faire un petit tour des réflexions les plus souvent entendues en proposant des manières porteuses d’y réagir sont entre autres des thèmes discutés. Élise Desaulniers propose avec justesse et douceur des pistes qui peuvent aider le wannabe végane à assumer ses nouveaux choix et à éviter d’entrer dans des débats potentiellement stériles. Je dis chapeau.

En dernier lieu, le chapitre 7 comprend 21 recettes véganes (plus des recettes express en bonus) élaborées par Marie-Noël Gingras, des blogues Vert et fruité et Portraits de véganes, et qui est aussi l’une des organisatrices du Festival végane de Montréal ainsi que du Défi végane 21 jours. Visiblement faciles à réaliser, elles ont, ma foi, un petit air pas mal délicieux. On propose aussi un menu hebdomadaire sous forme de tableau, basé sur les recettes en question, et préparé par Thao Bui, diététiste-nutritionniste du blogue lavegedacote.com. En annexe, on trouvera finalement des instructions pour la préparation et la cuisson des légumineuses séchées. Mention spéciale aussi à la section « Le garde-manger du nouveau végétalien », au chapitre 3, qui complète bien tous ces outils! Pour ma part, j’ai réalisé avec cette liste que j’avais pratiquement déjà tout ce qu’il faut dans mon garde-manger!

Maintenant : est-ce que je suis convaincue? J’avouerai candidement qu’il me reste du chemin à faire avant de me déclarer végétalienne ou végane, mais je me sens mieux outillée, mieux informée et débarrassée de certaines idées préconçues. Je n’ai pas toujours été interpellée par tous les arguments avancés, non, et bien sûr que certaines idées m’ont parfois paru difficiles à accepter ou faire accepter, mais au final, je retiens surtout d’Élise Desaulniers son approche et son encouragement à y aller à notre rythme, dans la mesure de ce qui nous paraît possible à chacun. Les circonstances peuvent changer, les idées évoluer, faire leur chemin. Demain, si jamais je suis prête à faire le grand saut, je ne m’inquiète pas : ce sera en toute connaissance de cause grâce à ce petit guide que j’ai maintenant sous la main.

Ah, un livre, ça peut tellement tout changer. ;)

 

 

*Pour une vue d’ensemble du livre, consultez la table des matières ici, il est aussi possible de lire un extrait! :)

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Le Défi végane 21 jours, Élise Desaulniers

Éditions Trécarré

184 pages

22,95 $

Catherine

Écrit par Catherine

Commençons par là : je suis la digne fille d’une mère pas mal grano (avec qui la congélation du jus d’herbe de blé et les germoirs sont des sujets de prédilection… tsé), et la petite-fille d’une grand-mère ébéniste qui m’a transmis son amour de la lecture, du thé et la fierté du travail à la main. Traductrice, réviseure et diplômée en édition, j’ai été journaliste pour diverses revues et assistante dans une maison d’édition littéraire. Désormais travailleuse autonome, quand je ne me balade pas entre les lignes d’un texte, je pratique entre autres la reliure et le yoga, et je m’amuse (follement!) à adapter des recettes DIY. Il y a quelques années, des ennuis de santé ont éveillé ma conscience et mon envie d’un mode de vie plus dépouillé, dans lequel je me reconnaîtrais mieux. Le savoir et l’expérience de nos grands-mères ainsi que d’autres cultures du monde sont d’ailleurs au cœur de mes recherches en la matière. Aujourd’hui, je vis dans Hochelaga avec un rasta qui est aussi philosophe, musicien et cuisinier; avec notre merveilleuse coloc, on s’assume grano en hédonistes; c’est donc dans le plaisir et en y mettant beaucoup d’amour que j’avance pas à pas. Et comme pour énormément de choses dans ma vie, ça passe notamment par les livres et l’échange. Je me fais une fête de partager avec vous mes découvertes de Trappeuse (trippeuse)! <3

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