Janvier, c’est le mois des résolutions. Et on rit tous un peu de nous-mêmes lorsqu’on décide d’en prendre, parce qu’on sait (beaucoup trop) bien qu’il y a peu de chance qu’on les tienne, ces belles résolutions. Mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser et d’en prendre une. La Terre a beau continuer de tourner à la même vitesse entre le 31 décembre à onze heures cinquante-neuf et le 1er janvier à minuit, il y a un petit quelque chose en moi qui a le goût de s’améliorer. Et ce petit quelque chose souhaite se rapprocher toujours un peu plus du bonheur. Le bonheur : tsé cette chose insaisissable, comme le point rouge d’un laser pour les chats… ;)

Je ne vous mentirai pas en vous disant que j’ai eu mon idée de génie le 31 à minuit moins cinq. C’est une résolution que j’essaie d’appliquer depuis… des années. C’est juste que là, j’en ressens l’urgence. Mon mode de vie zéro déchet m’a plongée un peu plus dans un problème personnel : mon manque d’équilibre. Celui-ci se vit de deux façons chez moi : la surcharge de mon emploi du temps et mon désir de perfection.

La surcharge de mon emploi du temps

Alors que le Zéro Déchet a simplifié ma vie et que je me suis retrouvée avec plus de temps sur les bras, plutôt que de prendre celui-ci pour moi, j’ai choisi d’ajouter des tâches à ma To do list. C’est devenu lourd au point que j’ai souvent de la difficulté à la regarder tellement elle m’effraie. Bien sûr, ces «tâches» sont en général liées au Zéro Déchet et chacune d’entre elles me motive sincèrement. Seulement, il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée; sept jours dans une semaine et trois cent soixante-cinq jours dans une année. Donc, même si mon mode de vie m’a offert plus de temps, paradoxalement, je me suis retrouvée avec moins, submergée comme je le suis par ma passion.

Mon désir de perfection

Comme j’ai aussi une «petite» passion pour la perfection, plus j’en apprends sur un mode de vie écolo, plus je veux pousser… loin… mais, euh… encore plus loin… Même si cette passion me permet de m’améliorer en trouvant de nouvelles solutions à des défis du quotidien, je pense qu’aujourd’hui, je dois me donner du «lousse».

La fameuse mayo

(Ou le symbole de mon manque de loussitude.)

Vous vous rappelez, dans mon premier article avec Les Trappeuses? Je parlais de la mayonnaise. LA chose qui me manquait le plus dans ma nouvelle vie zéro déchet. J’ai eu beau essayer d’en faire maison, ma préférence va toujours à La Vraie Mayo. Eh bien, croyez-le ou non, pour ne pas en acheter, j’ai poussé le ridicule jusqu’à dévaliser les pots… de ma voisine (merci, Cindy!)! ;)

Ma poubelle 2016

(Ou mon manque de lousseure.)

Début 2016, j’étais tellement confiante quant à ma non-production-de-déchets que j’ai décidé d’essayer de remplir un seul pot de verre pendant l’année (que voici). Vers le mois de juillet, il était plein. Échec. J’ai vécu une petite déception, mais je me suis dit : «Bah, deux pots, c’est pas si mal. Je vais viser deux pots». Nouvel espoir.

Le 1er novembre 2016, j’ai déménagé. À vélo, certes, pour être plus écolo, mais pour solidifier le Tetris incroyable de mes meubles et de mes boîtes dans leurs remorques, les déménageurs ont dû tout taper (j’ai gardé ma grosse boule de tape en souvenir). Et puis j’ai acheté ce truc neuf et emballé pour ma nouvelle demeure… et puis cet autre truc. Et ma poubelle a explosé. Mon p’tit cœur vert avec.

Ma prise de conscience

(Ou quand j’ai intégré les bienfaits de la lousseté.)

Quand je me suis aperçue que ça m’affectait autant d’avoir produit (beaucoup) plus de déchets que je n’aurais voulu, je me suis questionnée : est-ce vraiment nécessaire de calculer? Est-ce que je dois chercher à atteindre la perfection à ce point? Je suis la première à dire, lors de mes conférences, qu’il faut respecter nos limites personnelles. Cordonnière mal chaussée.

J’ai donc décidé qu’en 2017, je n’allais pas vivre la terreur du petit pot de déchets : j’arrête de calculer.

Prendre l’avion

(Ou propager la bonne nouvelle du lousse.)

Quand j’étais plus jeune, ma mère m’a souvent expliqué pourquoi, dans un avion, on demande aux parents, en cas de dépressurisation de la cabine, de mettre leur masque à oxygène avant celui de leurs enfants. Si le parent meurt, l’enfant meurt. Tu ne peux pas sauver les autres si tu ne te sauves pas en priorité. De la même façon, nous ne pouvons influencer positivement les autres si nous ne sommes pas d’abord positifs par rapport à nos choix. Si je veux participer au sauvetage du monde, faudra que je me sauve en premier!

Ceci étant dit, rassurez-vous : le Zéro Déchet n’est pas une maladie! : P Mon manque d’équilibre existait dans ma vie bien avant son arrivée. Je me suis simplement rendu compte que ce mode de vie a permis à ma faille de s’agrandir. Je dois maintenant la colmater et ainsi, finalement profiter pleinement des bienfaits de mes choix!

Pour 2017, je me souhaite donc un meilleur équilibre entre :

 

Accomplir ce qui me passionne.

ET

Prendre du temps pour moi.

Mes choix de vie.

ET

Mes limites.

Et je vous en souhaite tout autant! ☺

Bonne année 2017 équilibrée à tous!
Mélissa

P.-S. Sur ce, je m’en vais m’acheter un pot de mayo! Ciao!

Mélissa de La Fontaine

Author Mélissa de La Fontaine

Je me décris comme : Cohérente avec mes valeurs sociales, féministes et environnementales. Ma devise : Faire de mon mieux. Essayer. Avancer. Mon cheval de bataille écolo : Le Zéro Déchet. Pour moi, c’est un choix de vie qui englobe tous les modes de consommation responsable. Mes faiblesses : La mayonnaise, les friperies, les produits laitiers et mon incapacité à refuser un énième projet zéro déchet… Ma recette DIY favorite : Mon baume à lèvres et mon déo! ;) Je jase de quoi sur le blogue ? De Zéro Déchet en particulier et de consommation responsable en général.

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Join the discussion 18 Comments

  • Elodie MORANDINI dit :

    Juste Bravo ! Je pense que s’avouer qu’on est parfois trop intense, c’est le 1er pas ! On est tellement à fond dans sa passion qu’on s’oublie… moi j’ai trouvé un moyen de me donner du temps en m’offrant 15 minutes de méditation tous les matins… pour apprendre à lâcher prise sur cette manie de « se juger » et se culpabiliser… work in progress ;-)

  • Sarah dit :

    Ça fais du bien à lire. Je suis en procéssuce zéro déchet depuis environ 1an et demi. Habitant en région il y a beaucoup d’options zéro déchet qui sont simplement impenssable. Je fais une dépression à chaque fois que je fais l’épicerie l’hiver (vive les paniers bio l’été). Faite le tour du Métro de la Mabaie au mois de janvier pour trouvez un légume, sans emballage, qui vient pas de l’autre bout de la terre et qui pourrai être bio. J’ai les blues à coup sur. Mon chum (qui me trouve un peu intense parfois mais qui embarque assez bien dans le jeu) me dis souvent que ce qu’on réussi à éléminer est une petite victoire et qu’il ne faut pas seulement focusser sur les défaites. C’est pas faux et on s’encourage avec des avancés tel qu’un nouveau magasin en vrac à baie-st-paul!
    Bonne année et bonne résolution.

    • Ah! Ton chum marque un bon point: je pense qu’il est préférable de nous concentrer sur ce qu’on fait de bien que l’inverse!

      Victoire pour le magasin de vrac à Baie-St-Paul!
      Faudra que je reviennes vous visiter!
      C’est si joli ce coin! :)

  • Bourogaa dit :

    Bonjour les trappeuses
    Ça fait longtemps que je lis vos blogs, j avoue que celui là est un des plus complexes, vu que tout ce qui nous achetons presque est emballé et parfois d une façon exagéré. Moi par exemple je fabrique des savons naturel de marque Olivia cosmétique et je cherche une solution pour éviter l emballage. Pour les shampoings j ai trouvé la solution. Reste pour les savons et les crèmes. Merci d avance pour vos conseils.

    • Un pas à la fois, on arrive à faire mieux!
      Cela dit, quand l’option Zéro Déchet n’est pas disponible, on a toujours le choix de l’emballage.

      Félicitation pour tes initiatives et heureuse de savoir que le blogue t’aide autant… qu’à moi! ;)

  • Élisa Lantin dit :

    J’adore! J’ai commencé le Zéro déchet depuis quelques semaines et tu as entièrement raison en disant que ça en devient presqu’une obsession. C’est comme quand je suis devenue végétarienne il y a deux ans, il n’y plus une journée où je ne fais pas face à la chose, que ce soit sous forme de discussions, de lien sur le net, ou simplement de réflexion interne. Je me sois même parti un blog sur le sujet tellement j’ai envie d’en parler tout le temps haha

    Bref je viens de vous découvrir et je vais vous suivre avec intérêt! :)

    • Hihihi! La limite entre « passion » et « obsession » est très très mince!
      C’est le dur équilibre qu’il faut trouver.

      Cela dit, trouver une plate-forme (comme un blogue) pour en parler est une excellente façon de ne pas laisser notre passion déborder dans toutes les sphères de nos vies! :)

  • Laura dit :

    Merci pour ce bel article Mélissa! Il y a presque deux ans j’ai (re)découvert le zéro-déchet grâce à toi (dans un article de journal) et depuis cela a été un vrai mode de vie, avec un peu de pression au début mais plus de lousse maintenant. Je suis sûre que tu as eu de l’influence sur pleins d’autres personnes en plus de moi et ça aussi ça a de l’impact. Beaucoup plus que de faire rentrer ses déchets d’un an dans un pot en verre :)
    Au plaisir de te voir, à la prochaine réunion du Collectif ce dimanche!

    • Tu as TELLEMENT raison!
      Ce n’est absolument pas en évitant un sac de déchet de plus par année que je vais changer le monde…
      En parler autour de moi pour influencer positivement les autres est beaucoup plus pertinent!
      À dimanche donc! :)

  • Sophie dit :

    Ah, que c’est rafraîchissant de te lire Mélissa! Je trouve déjà que ton article dégage l’équilibre, alors on peut dire que c’est vraiment bien parti! Je suis entièrement d’accord avec le chum de Sarah (dans les commentaires). Si on pouvait remplir un CONTENEUR avec tous les déchets que nous ne produisons pas avec nos habitudes, ce serait tellement plus impressionnant! Le P’tit Pot de Lauren Signer et de Béa Johnson est bien inspirant, mais je me rendrais complètement dingue d’essayer de vivre végane ET zéro déchet ET local ET équilibré ET…. alors bravo pour ton article! :-)

  • Marianne-Marilou dit :

    Oui, moi aussi tu m’as beaucoup inspirée avec ton billet. Même si je sais que je ne suis pas la seule dans cette situation, ça fait toujours du bien de l’entendre et de se rappeler ces quelques phrases réconfortantes qui permettent de laisser aller un peu. J’ai les mêmes attitudes face à de nouveaux défis (dont j’ai sans cesse le plaisir de prendre ;)) la passion et la perfection! Ce ne sont pas des défauts, car ils nous servent à avancer, foncer, s’améliorer et grandir, mais il ne faut pas que cela devienne une obsession qui au contraire nous décourage, quand nous essayons tout simplement de faire du bien. Alors, allons-y un peu à la fois et soyons fières tous les jours de ce que nous avons accompli, car nous avons fait de notre mieux dans la mesure du possible et ça c’est certain!

  • Lulu dit :

    Perso, mon combat est d’alléger mon empreinte carbone. J’habite la Rive-Sud de Mtl depuis maintenant 8 ans (j’étais à Mtl avant). Moins de services, moins de transport en commun mais moins de pollution (adieu l’asthme!), moins de cônes orange : plus de verdure, de calme, de kayak et de voile – eh oui, une rivière traverse la ville! Je n’ai jamais été très adepte de produits à usage unique. Et comme j’habite seule, cela fait des années que j’achète en vrac dans les supermarchés de type Maxi et Super C qui m’offrent la possibilité de diversifier mon assiette en achetant à la pièce (1 oignon, 3 pommes, 1 cantaloup, etc.) Je fais avec ma réalité : j’arrive à faire toutes mes courses à pied, à prendre le transport en commun pour les escapades interurbaines, un peu de déchets (un sac d’un litre par mois incluant les matières compostables). En 2018, j’aurai accès au compostage, un pas à la fois, pour les générations futures. À chacunE son combat! Et vive la mayo ! :-)

  • Karine dit :

    Merci, merci, merci pour ce beau texte. Il me touche beaucoup, car je suis très perfectionniste et comme j’ai amorcé le virage vers la réduction des déchets depuis seulement quelques mois, je ne suis pas toujours très tendre envers moi-même. Je voudrais tout faire et tout changer en même temps… je me sens souvent tellement loin derrière tant de femmes inspirantes. Évidemment ça crée beaucoup de tensions plutôt que d’amener de la légèreté, ce qui est le but!! Surtout quand on a un conjoint et deux enfants qui ont leur propre rythme aussi. C’est une vraie de douceur de lire que la recherche d’équilibre est probablement au cœur de la vie de chacun 😉 Ça prend juste différentes formes! Alors je vais en faire mon mantra : équilibre & légèreté, équilibre & légèreté. Encore merci et bonne route pour 2017. 😊

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