S’il y en a qui sont des crazy cat ladies, je suis beaucoup plus proche d’être une crazy plant lady! Et tout comme un animal de compagnie peut être thérapeutique, les plantes, elles, peuvent être tout aussi bénéfiques (sinon plus)!

J’ai commencé par m’intéresser aux plantes qui se mangent (parce que je suis avant tout une grande gourmande!) et je ne peux qu’appuyer Gabrielle et vous encourager à cultiver des légumes et des fruits frais (après tout, la promotion de l’agriculture urbaine, c’est ma job dans la «vraie vie»!). Y’a rien de meilleur qu’une tomate chaude de soleil, fraîchement cueillie sur votre balcon ou dans votre cour. Ceci dit, je m’intéresse aussi de plus en plus aux plantes ornementales — d’intérieur ou d’extérieur —, parce qu’elles sont si jolies, sentent bon et améliorent la qualité de l’air. Mais les plantes médicinales sont celles qui me fascinent avant tout! Déjà, quand j’étais toute petite, je voulais — quand je serais plus grande — mélanger des herbes pour en faire des tisanes! #métierfaiseusedetisanes Bien que je ne m’y connaisse pas encore à fond, je caresse le projet de prendre des cours d’herboristerie et d’un jour avoir mon grand jardin médicinal à moi.

Mais pourquoi ne pas commencer tout de suite? Que vous ayez un petit coin de balcon, une plate-bande disponible ou une grande cour arrière, vous pouvez facilement faire pousser des herbes et des fleurs aux mille bienfaits! Souvent colorées et très aromatiques, elles sont la plupart du temps s-u-p-e-r faciles à cultiver. Tsé, facile comme dans : tu la mets en terre, tu l’arroses de temps en temps et tu récoltes. En plus, beaucoup d’entre elles sont vivaces. Ciao bye l’entretien. Et cultiver des fleurs, si vous habitez en ville, ça fait toujours plaisir à nos amies les abeilles (et à nos voisins qui voient leur environnement immédiat enjolivé)! 😉

«OK, c’est ben beau, mais j’en bois pas, moi, des tisanes!», que vous vous dites? Une plante médicinale n’a pas pour destinée de finir dans l’eau bouillante absolument! En fait, si vous êtes en train de lire un article des Trappeuses, il y a toutes les chances que vous ayez déjà croisé une ou deux recettes DIY sur le blogue dans lesquelles vous pourriez intégrer vos fleurs et vos herbes de sorcière. Elles sont donc utiles dans la pharmacie, oui, mais aussi dans les produits pour le corps!

Voici donc quelques suggestions de végétaux pratiques à cultiver selon l’espace disponible. Notez que la plupart de ceux qui sont présentés ci-dessous ont besoin d’un espace ensoleillé ou tolèrent un peu d’ombre. Ajoutez-leur un peu de compost au printemps et ils ne devraient pas nécessiter d’autre fertilisation en cours de saison. Je vous indique du même coup une ou deux recettes dans lesquelles ils peuvent servir. Attention, renseignez-vous bien avant d’utiliser des plantes médicinales, surtout si vous êtes enceinte ou allaitez.

Petit jardin en pots sur balcon

Si vous avez peu d’espace, autant faire d’une pierre deux coups et cultiver des plantes qui ont à la fois des vertus santé et qui s’intègrent bien dans un dîner. 😉

Calendula

Calendula officinalis — Aussi appelées soucis, ces fleurs orangées poussent rapidement et n’importe où. Les pétales frais ajoutent une touche de couleur aux salades, mais on peut aussi faire macérer les fleurs, lesquelles sont anti-inflammatoires et antioxydantes, pour faire le Super Baume de Marie ou les faire sécher avant de les ajouter au lait de bain d’Audrey. Psst! Les jeunes feuilles se mangent aussi!

 

Camomille

Matricaria recutita – camomille allemande, ou Chamaemelum nobile – camomille romaine — Ces deux variétés de camomille ont des effets similaires sur le système nerveux et la digestion, en plus d’être des alliées des peaux sensibles (parfaites pour un sel de bain pour peaux sèches!). Toutefois, la camomille allemande serait un peu plus efficace, alors que la camomille romaine serait meilleure au goût (bon à savoir si vous en utilisez dans vos limonades, sorbets et autres desserts). L’allemande est une annuelle, alors que la romaine est une vivace. Dans les deux cas, elles se resèment très facilement toutes seules — vous risquez de trouver beaucoup de petites pousses de camomille le printemps suivant!

 

Mélisse

Melissa officinalis — Mon herbe préférée! Son parfum citronné aromatise bien les plats et les boissons (comme ce jus de concombre citronné), mais la mélisse est aussi bonne pour la digestion, pour se calmer et pour la concentration. Caroline l’a aussi bien aimée en tisane après ses accouchements. C’est une vivace qui apprécie la mi-ombre et qui attire les abeilles.

 

Menthe poivrée

Mentha x piperita) — Très connue, c’est une vivace envahissante, qu’il vaut mieux cultiver en pot. À utiliser pour digérer, rafraîchir, soulager… et pour avoir meilleure haleine! Estelle l’intègre dans son super exfoliant corporel aux herbes et au sel marin. La menthe poivrée s’avère aussi très utile sous forme d’huile essentielle : sur les tempes contre les maux de tête, dans une huile de massage pour muscles endoloris ou dans un baume décongestionnant bien pratique!

 

Thym (Thymus vulgaris) — Vedette dans la cuisine, le thym est aussi très pratique quand vient le temps des rhumes et des grippes. Antiseptique et expectorant, il aide à libérer les voies respiratoires. Faites-en infuser dans du miel pour accompagner votre cidre de feu l’hiver prochain, ou préparez-vous carrément du sirop contre la toux! Le thym préfère les sols secs et nécessite du plein soleil. Il fait aussi un excellent couvre-sol pour remplacer le gazon dans une cour…

 

Romarin

Rosmarinus officinalis — Un autre incontournable de la cuisine méditerranéenne (utilisez-le dans la recette de sel aux herbes fraîches d’Audrey), le romarin est aussi antibactérien et il stimule la circulation sanguine, en plus d’agir comme un léger antidépresseur. Lui aussi préfère les sols secs. Rentrez-le à l’automne, avant que la température ne baisse trop, et placez-le à un endroit très ensoleillé de votre logement — vous aurez ainsi un bel arbuste grandissant d’année en année.

 

Dans une petite plate-bande

En plus des herbes ci-dessus, vous pourriez ajouter :

Centaurée

Centaurea cyanus — Le fameux bleuet de l’hydrolat de bleuet est une centaurée, une très jolie fleur amie des yeux! Elle est d’ailleurs souvent utilisée dans les démaquillants. La fleur est aussi comestible et peut servir dans les salades ou les desserts.

 

Échinacée

Echinacea purpurea — Ces belles grandes fleurs roses sont surtout connues pour combattre les maux de gorge et renforcer le système immunitaire (d’où leur utilisation dans les sirops contre la toux, par exemple), mais leurs racines ont également des propriétés adaptogènes. Elles demandent peu d’eau, mais beaucoup de soleil.


H
ysope

Hyssopus officinalis — Expectorante, l’hysope en infusion est à utiliser lorsque vous toussez beaucoup. Cette fleur est aussi une bonne alliée de la digestion. À cultiver dans un sol sec, voire rocailleux, et à tailler au printemps.

 

Lavande

Lavandula angustifolia — Hmmm, la bonne odeur de la lavande!
Ses fleurs mauves sont bien connues, mais saviez-vous que les feuilles aussi se mangent? Très polyvalente, la lavande est entre autres bonne pour combattre l’anxiété et le stress, favoriser le sommeil, cicatriser la peau et combattre les ecchymoses. Cultivez-la en plein soleil, dans un terreau mêlé d’un peu de sable. Faites macérer les fleurs et utilisez-la ensuite dans un savon ou un baume sommeil, ou encore pour chasser les moustiques!

Si vous avez un bon bout de terrain

Si vous avez de l’espace en masse, cultivez en plus :

Achillée millefeuille

Achillea millefolium — Elle pousse dans pas mal n’importe quel type de sol, est très résistante, mais a tendance à être envahissante, elle est donc à contrôler. C’est une plante amie de l’utérus et de l’estomac!

 

Framboisier

Rubus idaeus — Aussi une plante exigeant très peu d’entretien, qui pousse bien pas mal n’importe où, mais qui peut s’avérer très envahissante. Pousse aussi bien en (assez gros) pots. C’est une autre amie de l’utérus; ses feuilles sont très riches en minéraux. Et est-ce que j’ai vraiment besoin de vous dire que le bénéfice principal de sa culture, c’est d’avoir plein de framboises? ❤

 

Guimauve

Althaea officinalis — Ces jolies fleurs qui ont donné leur nom à une friandise ont de nombreuses utilisations (racines, feuilles, fleurs), mais la guimauve est surtout reconnue pour ses propriétés émollientes. Utilisez ses racines pour en faire un macérât multifonction ou un démêlant à cheveux! La plante peut atteindre 1,5 mètre de hauteur.

 

Ortie

Urtica dioica — Championne des plantes médicinales, autant aimée par la peau, les cheveux et la vessie que l’utérus, l’ortie est aussi riche en fer et peut être intégrée, cuite, à des recettes (un peu comme des épinards). Quite literally, elle pousse comme une mauvaise herbe, donc il vaut peut-être mieux la cultiver en pot pour ne pas en retrouver partout. Attention! Portez des gants pour la cueillir et ne la cultivez pas si vous avez de jeunes enfants; l’ortie est… urticante. La cuisson ou un bon séchage permettent de neutraliser les piquants, cependant, donc on peut la manger ensuite ou s’en faire des tisanes!

 

Sureau

Sambucus canadensis — Joli arbre à floraison blanche, ses baies noires — très appréciées des oiseaux — servent aussi à faire du sirop très riche en antioxydants. On peut faire du vin ou de la limonade avec ses fleurs, qui ont un effet diurétique. Attention, les baies crues sont toxiques en trop grande quantité; vaut mieux les faire cuire! Toutes les autres parties de la plante sont aussi toxiques.

Bonus

À l’intérieur, cultivez de l’aloès vera, un grand allié de la peau (et des foufounes et autres parties intimes). Dans votre cour (si vous n’utilisez aucun produit chimique et que votre sol est sain), cueillez les feuilles de plantain pour faire le baume anti-démangeaison d’Estelle! Le plantain est littéralement partout!

Un mot sur la cueillette de plantes sauvages

Plusieurs des plantes médicinales mentionnées ici poussent à l’état sauvage dans les champs ou sur le bord des routes. Si vous voulez en cueillir pour ensuite les utiliser, faites bien attention à l’endroit de cueillette : évitez les bords de route, les terres agricoles et tout autre lieu où des polluants ou des pesticides pourraient être présents. Aussi, tout comme si vous cueillez des champignons, arrangez-vous pour être sûr(e)s à 300 % de cueillir la bonne chose. Certaines plantes ont des presque-sosies qui, eux, ne vous feraient pas nécessairement de bien… 😉

Conserver les herbes et fleurs médicinales

La grande majorité des herbes et fleurs médicinales se conservent bien après avoir été séchées. Étendez-les sur un linge à vaisselle, dans un endroit ventilé, hors de portée du soleil direct. Lorsqu’elles sont bien sèches, rangez-les dans un contenant hermétique, à l’abri de la lumière. Vous pouvez aussi suspendre vos tiges tête en bas, à l’abri de la lumière encore une fois, pour les faire sécher.

Tout dépendant de ce que vous comptez faire avec vos plantes médicinales, vous pouvez aussi profiter du fait qu’elles sont fraîches pour les faire macérer dans de l’huile, dans du miel ou dans du vinaigre, par exemple.

Bon jardinage et bonnes potions! ;)

– Marie-Hélène xx

Référence

Plants for a Future — http://www.pfaf.org

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Marie-Hélène

Author Marie-Hélène

Je me décris comme : Curieuse, ouverte, passionnée et gourmande Ma devise : Be aware of wonder. (Robert Fulghum) Mon cheval de bataille écolo : L’alimentation saine, la végétalisation urbaine et les soins naturels. Mes faiblesses : Ma paresse, qui me fait parfois privilégier l’habitude plutôt que le changement, même si je connais les solutions. Mais surtout le sucre, j’en mange beaucoup trop! Ma recette DIY favorite : Mon baume à lèvres, mon démaquillant biphasé et le fond de teint en poudre d’Audrey! Je jase de quoi sur le blogue? Principalement de bouffe!

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  • marie-claire dit :

    Bonjour,

    ce que j’aimerais savoir c’est comment fait-on sécher les fleurs, en particulier celle de guimauve et de calendula. Dans votre recette de macérât, on parle de racine de guimauve.. alors je déterre ma plante et fais sécher toute la plante?

    Merci. Super article et très pratiques, j’ai un immense terrain avec déjà plusieurs fleurs, je sais ce que je vais planter cette année :)

    • Bonjour Marie-Claire! Pour faire sécher les fleurs, il faut simplement les déposer sur un linge à vaisselle ou sur une grille très fine (style moustiquaire en plastique) et les faire sécher à l’air libre, à l’abri du soleil, pendant quelques jours (idéalement en tournant les fleurs de temps à autres). Pour les racines de guimauve, il vaut mieux les récolter à l’automne, quand le feuillage commence à flétrir. Il faut effectivement déraciner toute la plante. Si vous en plantez ce printemps, ne récoltez pas cet automne, le système racinaire ne serait pas encore très important. Attendez plutôt l’automne 2018.
      Une fois sorties de terre, lavez bien les racines (en les trempant dans l’eau) pour enlever la terre. Choisissez les plus belles et grosses racines, coupez les petites superflues. L’idéal est ensuite de les faire sécher dans un déshydrateur. À l’air libre, il est possible que la racine ne sèche pas bien jusqu’au cœur. Stockez ensuite dans un pot bien hermétique!
      Bon jardinage :)

    • Et bien entendu, il est aussi possible d’acheter de la racine de guimauve séchée, au lieu de la récolter soi-même ;)

  • Marianne-Marilou dit :

    Merci pour tous ces précieux conseils. j,adore moi aussi les plantes, les fleurs et tous ses dérivés pour faire tisanes, crèmes et autres produits de soin. Je ne fais pas encore mes propres plates bandes, mais un jour j’aurai mon petit coin de jardin!

  • Ariane Brisson dit :

    Allo, merci pour ce billet super inspirant!
    J’ai tenté à quelques reprises de faire pousser de la calendula en pot chez moi, en plantant des fleurs séchées, sans grand succès. Est-ce normal? Devrais-je plutôt acheter des graines des fleurs en magasin, ou des plantes déjà en pots?
    J’aimerais aussi cultiver des fleurs de guimauve et de centaurée chez moi, des conseils?

    Merci!
    Ariane

    • Bonjour Ariane!
      Effectivement, pour la calendula, il faut planter les « graines » qui sont comme de grosses « cosses » séchées brunes. Ça se trouve en sachets chez les semenciers (Les Jardins de l’Écoumène en ont, entre autres). Sinon, vu la date à laquelle on est rendus, il vaut probablement mieux pour cette année acheter des jeunes plants. Tu n’auras qu’à laisser quelques fleurs sécher au lieu de les cueillir, tu verras qu’ils produisent des genre de cosses brunes sèches, et tu pourras les ramasser et les stocker pour l’année suivante.

      En ce qui concerne la guimauve et la centaurée, tu peux trouver des semences entre autres auprès de la Ferme Tourne-Sol. Pour cette année, il faudrait en acheter en jeune plant!
      Bon jardinage :)

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