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crédit: Amélie Côté

Cette semaine, nous avons le plaisir d’accueillir un texte fort intéressant d’Amélie Côté, la grande dame derrière le blogue Bric à bacs, que nous vous invitons fortement à découvrir si ce n’est déjà fait! Bric à bacs se penche sur divers enjeux liés à l’environnement, mais principalement sur la question de la gestion des matières résiduelles.
Originaire de Montréal, Amélie a fait sa maîtrise à l’Université Sherbrooke. Elle s’est penchée sur la récupération des contenants de boissons au Québec. 12301666_960501444022515_8078169437950455089_nElle a par la suite travaillé comme conseillère en gestion des matières résiduelles au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Elle travaille maintenant à son compte en tant que consultante en gestion des matières résiduelles. Alors sans plus tarder, nous cédons la parole à l’inspirante Amélie. Bonne lecture!

Pssst! Suivez Bric à bacs sur Facebook et Twitter (@meliecote)!

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L’automne est bien entamé… et la fraîcheur qui l’accompagne mérite bien l’usage d’une petite laine de temps en temps (lire : la plupart du temps). Mais quand elle ne fait plus partie de notre palette d’envies vestimentaires, à qui la donner, cette petite laine, pour qu’elle ait une deuxième vie heureuse? Derrière une intention de bonne action se cachent parfois des enjeux insoupçonnés…

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Crédit photo : Amélie Côté

Les boîtes de dons de vêtements

Les boîtes de dons de vêtements sont partout (en tout cas, à plusieurs endroits – parfois louches avouons-le) et de toutes les couleurs. Les boîtes de dons de vêtement ont fait couler beaucoup d’encre et jaser pas mal de gens au cours des dernières années. Des arrondissements et des municipalités ont même décidé de les interdire! Mais pourquoi couper des revenus potentiels à des organismes de charité?

Les vêtements (même usagés) ont une valeur importante sur le marché. Assez pour financer des organismes reconnus comme Entraide diabétique, Le Support-Fondation de la déficience intellectuelle et la Fondation Grands Frères Grandes Sœurs du Grand Montréal*. Mais aussi assez pour intéresser d’autres personnes à mettre en place des boîtes de dons et à se créer une adresse bidon. En fouillant un peu, on remarque des organismes à vocation plus obscure, et des techniques de marketing assez discutables.

Par exemple, la Fondation québécoise du sport (FQDS) a littéralement plagié le logo de la Fondation québécoise pour la déficience intellectuelle (FQDI) et installé des boîtes de dons à proximité de celles de la FQDI. Or, derrière ce soi-disant organisme de charité, on retrouve un entrepreneur qui a vu une opportunité d’affaires intéressante : l’exportation de vêtements usagés. Wow…fqds

Les boîtes arrivent parfois sur des terrains sans autorisation préalable (red flag alert!)… et si leur proximité nous facilite la tâche en vue de donner une deuxième vie à nos vêtements, il est intéressant de savoir à quoi on contribue vraiment.

Avez-vous déjà entendu parler de l’organisme à qui vous vous apprêtez à donner vos vêtements? Si ce n’est pas le cas, une petite vérification préalable est probablement pertinente.

*Ces trois organismes ont créé le Mouvement solidarité boîtes de dons. Ils souhaitent sensibiliser la population à l’existence d’organismes aux vocations critiquables et à l’impact qu’a sur leur propre financement l’interdiction pure et simple des boîtes par certaines municipalités. La vente des vêtements recueillis par les trois organismes sert à financer leurs activités. Par contre, leur principal acheteur est… roulements de tambours… le Village des Valeurs! Loin d’être à but non lucratif, cette entreprise est cotée en bourse. Les vêtements ainsi collectés dans les boîtes de dons sont donc revendus, et parfois à fort prix (Mariane y a récemment vu un pot vide de sauce Classico à 2 $…)!

Notons que ce n’est pas le cas de toutes les boîtes de dons. Par exemple, les vêtements donnés à l’Armée du Salut et à la Société Saint-Vincent-de-Paul sont revendus à prix modique dans leurs magasins d’occasions. J’aurais bien aimé vous fournir une liste exhaustive des boîtes de dons à encourager et de celles à éviter, mais à la vitesse à laquelle elles se multiplient, la tâche s’avère incommensurable!

«C’est ben compliqué, je veux juste donner mes vêtements!»

Oui, je comprends! Ça tombe bien : il y a plein d’alternatives. ;)

1. Donner à une cause

738-5311-SPA_2Plusieurs organismes ont des besoins à combler, et auront de quoi faire avec vos vêtements! C’est notamment le cas de Mission Old Brewery, Dans la rue, l’Accueil Bonneau et Action réfugiés Montréal (et il y en a plein d’autres, partout au Québec).

Informez-vous des besoins de ces organismes en vérifiant sur leurs sites Internet et/ou en les contactant avant de faire un don, car les besoins varient au fil de l’année (et bon, peut-être qu’ils n’ont pas TOUJOURS besoin de one piece bruns avec des oreilles de lapin…)!

Certaines écoles aussi collectent des vêtements afin de financer des activités parascolaires pour leurs élèves, comme c’est le cas de l’école Félix-Leclerc dans Côte-des-Neiges.

École Félix-Leclerc

2. Encourager un organisme d’insertion sociale

logo_renaissanceDans la région de Montréal, Friperie Renaissance est un organisme à but non lucratif qui accepte les dons de vêtements et qui a également une mission d’insertion sociale. Tout comme des dizaines d’autres entreprises d’insertion, elle forme et accompagne des personnes ayant de sérieuses difficultés d’intégration au marché du travail, afin de lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Le Chaînonlogo_chainon-400x233, organisme qui accueille des femmes en difficulté et intervient auprès d’elles dans «une démarche qui favorise leur retour à l’autonomie et au pouvoir personnel et social», accepte également les dons de vêtements et d’accessoires.

Il y a aussi les petites friperies communautaires ou de quartier, dont certaines sont à but non lucratif (ex : La Gaillarde dans Saint-Henri, La Fripe à Québec). Pour les gens de Québec, le blogue Vert ton style a déjà recensé les friperies à but non lucratif de la ville.

Et, si le cœur vous en dit, pourquoi ne pas organiser une séance d’échange de vêtements entre ami(e)s?

Finalement, il y a plein de solutions et d’endroits où donner ses vêtements… et une panoplie de causes qui en bénéficieront! Votre petite laine a toutes les ressources pour aller réchauffer de nouvelles personnes! :)

Amélie

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