Depuis bientôt deux ans, nous avons rangé notre poubelle et mettons désormais nos déchets dans un pot Mason sur notre comptoir de cuisine.

L’arrivée du compost a sonné le glas pour notre vraie poubelle en métal. Quand on a réalisé que nos déchets de la semaine se résumaient la plupart du temps à deux emballages de beurre et une attache de chou kale, on a décidé de prendre la draconienne décision de ranger la poubelle au sous-sol. Dorénavant, on jette nos déchets dans un grand pot Mason d’une contenance de 2 litres qu’on laisse sur le comptoir. Ça fait un bel élément de décoration dans notre cuisine.

Mais qu’est-ce que ça nous apporte de jeter nos déchets dans un pot plutôt que de tout accumuler dans une petite poubelle?

Pourquoi un pot de déchets?

Quelques mois après le début de notre démarche vers un mode de vie zéro déchet, on a réalisé que notre poubelle s’allégeait de semaine en semaine. À un moment, on s’est dit : « Allez, on se lance. Pendant le prochain mois, on met tous nos rebuts dans un pot Mason. Advienne que pourra! »

Ç’a été un grand élément de motivation. On rapportait nos étiquettes de fruits et d’autres déchets surprise qu’on produisait hors de la maison. On rapportait notre compost à la maison. Ce sont d’ailleurs deux habitudes qu’on a conservées. On pesait même nos déchets à la fin de la semaine (je sais, c’est intense, mais de penser qu’on ne produisait que quelques grammes par semaine nous encourageait à pousser la machine encore plus!). C’était notre défi d’un mois! Quatre semaines plus tard, on était vraiment heureux de constater que tout ce qu’on avait jeté entrait dans un pot de 125ml. Tu parles d’un élément motivateur! Le pot de déchets et nous, c’était comme la carotte et l’âne. Moins on jetait, plus ça donnait envie d’aller encore plus loin. On a donc continué à jeter nos rebuts non compostables et non recyclables dans un grand pot de 2 litres question d’être certains de ne pas manquer de place.

Petit pot de déchets après notre défi d’un mois – je sais, on prend nos poubelles en photo. À chacun ses manies!

En jetant nos déchets dans un pot transparent et non dans une poubelle, on ne peut plus nier l’existence de ceux-ci parce qu’ils sont camouflés dans un sac noir. On voit nos déchets tous les jours. On voit ce qui s’y trouve en plus grande quantité, le déchet qu’on aurait pu éviter, etc. Et lorsqu’on vide le pot, on inscrit la date pour voir combien de temps on met à le remplir à nouveau.

La question qui tue : que cache-t-on dans ce pot à déchets?

Du 16 novembre 2016 au 16 novembre 2017, on a tout fait pour limiter nos déchets. On a abandonné la consommation de certains aliments qu’on adore (comme les pâtes à won ton, qui sont malheureusement prisonnières d’un emballage jetable et on n’avait pas le courage de faire les pâtes nous-mêmes…), ce qui fait qu’on a réussi à limiter nos déchets à seulement 1 L.

On a divisé ces déchets de 2016-2017 en deux pots. Dans un pot de 250 ml, on a entré tous les beaux déchets, la gang cool, ceux qu’on a envie d’inviter au party. Bref, des étiquettes de fruits, cartes de crédit, attaches en métal pour les légumes, élastiques brisés, etc.

La jolie mini poubelle, contenant 1 an de déchets

Ensuite, un plus grand pot. Un pot de 750ml. Un pot honteux. Un pot rempli… d’emballages de beurre. #lahonte

Le pot honteux. Un an d’emballages de beurre.

Bon. On a entendu tous les conseils, toutes les recettes. On était à deux doigts d’adopter une vache clandestinement et de commencer à baratter notre beurre. Mais tu sais quoi? Faire notre beurre, ce n’est juste pas pour nous. On cuisine vraiment beaucoup, je fais tout le temps de la pâtisserie (surtout pendant ma grossesse. À quatre desserts par semaine, Benjamin a presque dû faire une intervention). Par conséquent, faire mon beurre avec de la crème bio, c’est trop cher. Oui, on a vu le beurre en vrac au Marché Jean-Talon. On était tout excités, mais quand on a vu le prix, on s’est dit qu’à moins de sacrifier le régime épargne-étude de notre garçon, on va continuer à acheter notre beurre à l’épicerie.

PAR CONTRE, on appelle les compagnies laitières pour faire gentiment pression. Quand on appelle au numéro 1-800 indiqué sur l’emballage des produits, notre opinion représente celle d’environ 1000 personnes. Ça vaut le coup!

Cette année, on a dû vider notre pot après sept mois. On l’avoue, on a été un peu délinquants par moments. Plein de choses sont arrivées cette année : Benjamin a eu un nouvel emploi chez Ubisoft (donc un horaire très chargé), on a travaillé comme des fous, il y a eu des voyages et des tournées de concerts. Bref, on a été en mode survie pendant quelques mois! Oui, il y a des soirs où on a fait venir du St-Hubert (scandale!). Heureusement pour nous, la majorité de l’emballage se recycle ou se composte. On se déculpabilise comme on peut!

Depuis le 16 novembre 2017 à la fin du mois de juillet, notre poubelle débordait un peu. La voici :

Sept mois de déchets

Le contenu est toujours le même : beaucoup d’emballages de beurre (!), des cartes de crédit ou d’identité expirées, des collants de fruits, etc. Il y a eu quatre sacs de chips. Il y a aussi des déchets plus spéciaux auxquels on s’est pris d’affection : des étiquettes de valise, l’emballage de mon test de grossesse et un bracelet de l’assemblée générale d’Ubisoft… Des rebuts auxquels on rêvait! Qui aurait cru? J’ai quasiment eu de la peine quand j’ai jeté le contenu du pot dans la poubelle d’un parc.

Pour le recyclage, on maintient notre rythme d’un sac au chemin toutes les 6 à 8 semaines.

Zone d’ombre du pot de déchets

Plusieurs personnes n’aiment pas le principe de garder un pot de déchets. Je pense notamment aux blogueuses de Going Zero Waste, Litterless et Paris To Go. Entre autres, on reproche au pot que le contenu ne tienne pas compte des déchets créés avant que le produit n’arrive dans nos mains, les déchets dans la chaîne de production, la pollution lors du transport, notre pollution électronique, etc.

Tout cela est vrai. Mais le pouvoir d’action qu’on a, il est d’abord chez nous, avec notre consommation personnelle. Pas à l’usine qui fait des rasoirs en métal. Pas dans le camion de la personne qui vient livrer les pois chiches à l’épicerie. On sait très bien que lorsqu’on achète des oignons en vrac, ils viennent d’un grand filet en plastique. Mais mieux vaut un seul grand filet que plusieurs petits filets qui se retrouvent par milliers dans les dépotoirs, non?

Le pot de déchets : un outil à adopter sans pression

On t’encourage à tenter l’expérience du pot de déchets, peu importe la fréquence à laquelle tu le vides. Tu y mets tout ce qui n’est pas recyclable ou compostable*. On le redit, le pot est un élément de motivation, surtout quand tu inscris la date à laquelle tu l’as vidé la dernière fois. Tu vas certainement sentir une grande satisfaction en constatant que la fréquence est maintenue, et encore plus si tu arrives à repousser la date de fois en fois. C’est un outil d’apprentissage pour toi et un élément de curiosité pour les personnes moins familières avec le zéro déchet.

« C’est quoi ça, sur ton comptoir? »

« Ça fait deux semaines que tu n’as pas sorti les poubelles? Hein, comment tu fais? »

Et hop, la conversation est entamée!

De notre côté, même si ça fait longtemps qu’on vit notre quotidien en limitant notre production de déchets, on continue à se servir d’un pot comme poubelle. On a toujours à apprendre. Notre pot ne nous limite pas, au contraire. Au tout début de notre démarche, on s’est dit que notre mode de vie zéro déchet devait nous apporter du bonheur. Pas du stress. On doit avoir l’impression de s’épanouir, pas de se retenir. On va continuer à faire des won ton et des raviolis japonais. On va continuer à faire livrer occasionnellement du St-Hubert quand on a trop de broue dans le toupet et que la simple idée de brasser une poêle pour se faire une omelette nous épuise.

Et avec le bébé, on va faire plein de belles découvertes de solutions zéro déchet en puériculture, notamment grâce aux belles compagnies québécoises écoresponsables… à suivre!

*Si tu n’as pas encore le compost chez toi, appelle ta ville ou ton quartier pour faire pression!

Laurence

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Pour en savoir plus sur le mode de vie zéro déchet au quotidien, tu peux te rendre sur blogue Les Cocos Écolos. Les Cocos ont aussi une page Facebook et un compte Instagram (@les_cocos_ecolos). 

Laurence Lambert-Chan

Laurence Lambert-Chan

Je me décris comme : musicienne écolo avec une touche de grano. Ma devise : zéro déchet, oui, mais un petit pas à la fois. Mon cheval de bataille écolo : réduire mes déchets au maximum et annihiler la fast fashion de ma vie. Mes faiblesses : le beurre. Ma recette DIY favorite : mon déo et ma ricotta. Je jase de quoi sur le blogue ? de zéro déchet, d’astuces, de découvertes et d’aventures écolos partagées avec mon doux mari Benjamin et (bientôt) notre petit garçon Léon.

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