Il y a plus de deux ans, j’avais écrit un billet sur le minimalisme et la parentalité. J’y expliquais à quel point il pouvait être difficile, en tant que futurs nouveaux parents, de savoir ce dont nous avons vraiment besoin pour le bébé, et j’y proposais quelques pistes de réflexion.

Cet article avait été écrit AVANT mon premier enfant.

Plus de deux ans plus tard, qu’en est-il? Est-ce que c’est réellement possible d’être nouveau parent ET minimaliste en même temps?

Oui, mais.

Le temps a passé, l’eau a coulé, je suis un peu plus désillusionnée (haha), mais surtout, beaucoup plus réaliste. Et je sais maintenant qu’il y a certaines choses que je ferais différemment. La principale étant de ne pas me créer trop d’attentes ou de me faire de scénarios. ET SURTOUT : d’être plus douce, bienveillante, compréhensive envers moi-même.

Là, je vous entends, les futurs parents : « Hein? De quoi elle parle? » Je sais, je sais, vous, ça va bien aller, les couches lavables, ça va être facile, vous allez être capables de refuser la millième bébelle de grand-maman. Oui, peut-être que vous avez tout à fait raison! Je vous le souhaite tellement! Mais j’aimerais tout de même partager avec vous mon expérience; après, vous ferez à votre tête.

Premier constat : un bébé, ça change une vie

Bon, vous vous en doutez, j’imagine. Haha! Personne ne vit l’arrivée d’un enfant de la même manière, mais dans mon cas, ça m’a chamboulée, bousculée, j’ai perdu tous mes repères. Dès les premiers jours de vie de mon Gabriel d’amour, j’ai vite constaté que j’avais un enfant un peu hors norme. Il faisait 15 cacas par jour (c’est après un ou deux mois qu’on a compris qu’il avait des intolérances). Pour ajouter à ça, il devait être constamment porté (thank god pour le porte-bébé!!!) et il passait sa vie au sein. J’ai allaité environ 20 heures sur 24 les trois premiers mois. Après, c’était aux heures, parfois aux deux heures quand j’étais chanceuse, et ce, jusqu’à ses 11 mois. Il réussissait à dormir, mais sur moi seulement. Jusqu’à ses 11 mois. Oui, SUR moi. Pas à côté. Adieu, sommeil réparateur. On a aussi compris plus tard que c’était un bébé aux besoins intenses (b.a.b.i.). J’aime pas tant les étiquettes, mais celle-ci était rassurante. Ça nous confirmait que notre enfant était normal, mais qu’il avait des besoins plus intenses. Mon coco a maintenant deux ans et cinq mois, son intensité se transforme, il est toujours allaité, mais c’est de moins en moins fréquent. Il ne fait pas encore ses nuits, mais ça s’améliore. Je commence tout juste à m’en remettre, autant physiquement que mentalement. Je comprends que mon exemple peut être un peu « extrême ». Vous n’aurez pas tous un b.a.b.i. ou un enfant avec un transit intestinal aussi impressionnant, haha. Mais mon exemple vous permettra peut-être de mieux comprendre pourquoi je pense qu’il est important de ne pas avoir d’attentes.

Les fameuses couches lavables

J’avais lu partout (genre sur les groupes Facebook de couches lavables) que c’était vraiment pas sorcier, que ça ajoutait juste deux ou trois brassées supplémentaires à notre routine. J’ai donc abordé l’intégration des couches lavables comme quelque chose de simple, mais surtout, qui allait de soi. C’était CERTAIN que je n’allais pas utiliser de couches jetables, ça n’aurait pas eu de bon sens! Eille, je suis une Trappeuse, après tout! HAHAHAHAHA.

Oufff… toute une débarque.

Petite histoire de caca, pour vous expliquer comment ça s’est passé pour nous. Un enfant intolérant, ça fait caca et ça régurgite constamment. On devait faire du lavage TOUS LES JOURS au début, parfois plusieurs fois par jour. Comment ça? Parce qu’il y avait ses couches, mais aussi ses lingettes lavables, ses p’tits pyjamas, ses p’tites doudous, mes vêtements, ceux de mon chum, la housse du divan, les draps du lit. Par-dessus le marché, y’avait moi, aussi: une fontaine vivante! Un début d’allaitement, ça peut être assez éclaboussant, surtout avec un réflexe d’éjection fort. Je me réveillais souvent dans ma propre flaque de lait, malgré les compresses d’allaitement lavables, que je saturais à un rythme fou.

« VITE, faut racheter plus de lingettes! Plus de compresses! Plus de couches!!! AHHHH!!! »

Imaginez ça : un bébé qui hurle, des parents pleins de régurgit, les cernes jusqu’en dessous des bras. C’était beau à voir, hahaha!  

Pour préserver ma santé mentale, on a dû couper quelque part pour nous faciliter la vie. Impossible de couper dans les vêtements de notre mini, nos draps ou nos vêtements. Les couches lavables étaient une grosse portion de nos lavages et la seule option facilement remplaçable dans l’immédiat. Elles ont pris le bord pour un temps. Eh oui. Je ne suis pas spécialement fière, mais en même temps, je ne suis pas du tout amère par rapport à ça : on a fait notre possible. On a conservé les lingettes lavables, l’eau de change maison, l’allaitement, les vêtements usagés le plus possible. On commence à réintégrer les couches lavables maintenant, à 29 mois, alors que le niveau d’énergie remonte tranquillement. Si c’était à refaire, j’achèterais des couches tout-en-un, plutôt que celles à poche. Les couches tout-en-un n’ont pas besoin de manipulation; plus facile à gérer. Quand chaque seconde compte, ça paraît vraiment ! Et si c’était disponible dans ma région, je ferais appel au service de nettoyage et location de couches lavables, comme Katchoo. C’est tellement génial, comme concept! Cette aventure de couches ne m’a tout de même pas découragée d’essayer à nouveau, si prochain bébé il y a.

Et les fameuses bébelles?

Refuser des cadeaux ou inciter ses proches à en faire moins, ou à acheter différemment, c’est déjà difficile à la base. Devoir gérer ça avec un déficit de sommeil sévère? Ish. Impossible pour ma part. J’ai lâché prise. On peut au moins les donner ou les vendre, et ils feront le bonheur d’autres enfants. Choisir ses batailles. Oh que oui. La mienne, c’était de tenir le coup, sans sombrer dans la dépression.

Pis les fameux vêtements de bébé?

Dans mon article initial, j’avais parlé d’une dizaine de petits pyjamas pour les débuts. Avoir su que je passerais mon temps à les laver, j’en aurais prévu davantage. C’est du cas par cas, mais je vous suggérerais de vous garder une petite marge là-dessus. Une vingtaine serait peut-être plus réaliste? À vous de voir! Haha!

Donc, le constat?

OUI, c’est faisable. Je ne suis pas ici pour faire ma pessimiste ou péteuse de balloune. Pas du tout. Ultimement, on a quand même réussi à appliquer en grande partie un mode de vie minimaliste avec notre enfant, et on continue à s’améliorer de jour en jour. Mais j’ai vécu des déceptions, la principale étant l’utilisation des couches lavables. Si j’avais abordé le tout avec une attitude du type : « On va faire notre possible, en fonction de notre bébé », j’aurais probablement mieux vécu cet « échec ».

Et c’est pas mal ça le message que j’avais envie de vous passer aujourd’hui : faites votre possible, mais capotez pas si ça marche pas exactement comme vous l’auriez voulu. Vous êtes nouveaux parents, vous avez dans les mains un précieux poupon. Votre job numéro un, c’est de prendre soin de vous, afin de pouvoir prendre soin de votre enfant. Et si, pour ce faire, vous devez piler un peu sur vos valeurs écologiques pour un moment, so be it.

Avoir un enfant, c’est un saut dans le vide : on le sait pas, ce qui nous attend. Quel tempérament le bébé aura, comment on va gérer le changement de réalité, comment le manque de sommeil va nous affecter. On le sait pas PANTOUTE. Une chose est certaine, ça apporte tout plein de nouvelles habitudes à intégrer, et ça se peut que oui, la version écologique d’une de ces habitudes soit peut-être too much pour ce début de parentalité. Ça se peut que non aussi! C’est ce que je vous souhaite. Mais soyez juste au fait que ça se peut que oui, t’sais. Pis c’est pas une raison de se culpabiliser. Ça sert à rien.

Le début de la parentalité, c’est un peu comme une dimension parallèle. Une dimension à part de la réalité «normale». Une dimension où, parfois, on est en mode survie pour un temps. Et quand on est en mode survie, ben on n’a pas toujours le temps de travailler à la survie de la société, parce qu’on est trop occupé(e) à gérer la nôtre et celle de notre famille. FAQUE : bienveillance, compassion et douceur envers vous, chers nouveaux/futurs parents. Hang in there, y’a du calme qui s’en vient.

Marie

Marie

Je me décris comme : Une maman, amoureuse, féministe, directrice d'un organisme, intense et résolument grano/sorcière. Ma devise : Tout, tu-suite, maintenant. Mon cheval de bataille écolo : Trouver l'équilibre entre mes valeurs écologiques, notre société de consommation et mon bien-être. Mes faiblesses : Le sucre et le sel. Autant j’adore mon panier bio, autant j’ai zéro self-control avec les cochonneries. Rien de bon pour ma santé, ni pour l’environnement. J’essaie fort d’arrêter. Ma recette DIY favorite : Le liniment oléocalcaire. Tellement polyvalent! Je jase de quoi sur le blogue? Un peu de tout. Quand c’est possible, j’aime ajouter une petite twist scientifique!

6 commentaires

  • Maude dit :

    Je suis contente de lire ton article. J’ai eu mon premier enfant pas mal en même temps que toi et j’avais lu ton autre article à l’époque. J’ai vécu pas mal le même genre de débarque, même si mon bébé n’avait pas de besoin particulier et qu’on a pris un congé à deux de 6 mois, mon chum et moi. Juste une petite précision pour les couches lavables : même les tout-en-un doivent être montées parce que si on ne les boost pas, elles ne sont pas assez absorbantes pour un enfant de plus d’un an qui se fait changer selon un horaire de garderie… On ne s’en sauve pas!

  • Estelle Scalzo dit :

    Bravo Marie <3 Je pourrais beaucoup renchérir sur le minimalisme avec maintenant deux cocos. Choisir ses batailles, ça me connait. Belle authenticité qui fait chaud au coeur de toutes les mamans/papas sans aucun doute. XXXX

  • Rox dit :

    Bravo pour cet article. Mes 3 enfants ont eu des couches lavables mais pas exclusivement, pour pleins de raisons. Ma petite dernière a juste 3 mois alors on verra mais pour le moment ça va bien. Un premier enfant ça fesse, un deuxième c’est un peu moins dur. Et dans mon cas pour ce troisième, je sens que j’ai plus le contrôle alors les couches ça m’apparaît moins comme une montagne même si j’ai du lavage à n’en plus finir. Et cette fois-ci j’arrête de me taper sur la tête à chaque fois que je ne suis pas « parfaite ». Parce qu’au premier je capotais parce que finalement il n’avait pas mangé que de la nourriture biologique, locale, d’agriculture biodynamique, alleluia LOL.. Maintenant je suis plus zen, je fais de mon mieux.

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