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Crédit (photo d’entête): bicycle-touring-guide.com

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Crédit: Laïla Atrmouh

Cette semaine, nous avons à nouveau la chance de recevoir une collaboratrice invitée sur le blogue! Il s’agit d’une de nos ferventes lectrices, Laïla, qui vient vous parler de sa première expérience de vélo d’hiver! La saison froide n’est pas toujours facile pour les amateurs de vélo et plusieurs rangent leur bécane à l’arrivée du gel et de la neige. Dans ce billet, notre invitée démystifie pour nous le vélo sous zéro en y partageant ses astuces pour rendre accessible le cyclisme 4 saisons en ville! Yeah!

Originaire de Paris, Laïla a posé ses valises il y a deux ans à Montréal. Elle adore voyager et aimerait sauver la planète un tout petit geste à la fois.

Bonne lecture.

***

Je me suis mise au vélo l’été dernier et j’ai réalisé que c’était un fantastique mode de déplacement.

  • C’est écologique
  • Ça nous maintient en forme
  • C’est parfois plus rapide que le transport en commun
  • Ça nous fait découvrir des quartiers

L’hiver approchant, j’étais vraiment triste à l’idée d’abandonner mon vélo. Mais s’il y a bien une chose que j’ai apprise au Québec, c’est que l’hiver ne doit pas nous empêcher de réaliser nos activités favorites. C’est pourquoi je me suis renseignée sur le vélo d’hiver et sur la façon dont je devais me préparer pour continuer à en faire, même par températures extrêmes, et ce, sans grand background cycliste !

Cet article se veut un petit retour d’expérience sur mon tout premier hiver en vélo à Montréal.

N.B. : Si vous êtes cycliste et que certains mots utilisés vous font tiquer, n’hésitez pas à me corriger dans les commentaires.

1. Le vélo

Rhonda

Crédit: Laïla Atrmouh

Je vous présente mon bolide hivernal : Rhonda! Un vieux V.T.T. qui m’a appris que Panasonic avait fait des vélos fut un temps :).

Au tout début de l’hiver, j’ai assisté à une conférence donnée à la Remise, un atelier collaboratif dans la Petite Italie, par des cyclistes chevronnés. Cette conférence m’a beaucoup aidée dans ma préparation. Les connaissances qui suivent proviennent de mes notes prises à cet atelier.

L’entretien

On peut utiliser son vélo d’été l’hiver, en changeant éventuellement ses pneus (voir point suivant). Cependant, le froid/la neige feront rouiller certains éléments de votre vélo, surtout si vous n’avez pas la chance de le rentrer à votre job ou chez vous. C’est pour ça que certains cyclistes recommandent d’utiliser un vélo auquel on ne tient pas trop (typiquement, le vélo qui traîne dans le garage de votre grand-mère).

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Source: 26bikes.com

Après chaque déplacement, pensez à assécher la chaîne et à bien la lubrifier pour qu’elle ne rouille pas. Un graissage de chaîne est recommandé une fois par semaine ou par mois selon les températures et le degré d’utilisation de votre vélo, avec une huile « grasse ». J’utilise celle-ci, qui se trouve à La Cordée ou chez Canadian Tire.

 

Le choix des pneus

Il y a des débats sur le pneu clouté vs le pneu à crampons. Pour ce que j’ai compris, le pneu clouté adhère mieux aux surfaces glacées, à la différence de celui à crampons.

Personnellement, j’ai des pneus à crampons basiques qui m’aident à rouler cet hiver, mais mes trajets quotidiens se font sur l’asphalte/dans la slush. C’est effectivement glissant sur les tronçons glacés et, dans ces cas là, je ralentis, voire descends de mon vélo et marche. Ce sont souvent de petits tronçons mal déneigés.

Le cadenas

De nombreux cyclistes ont des soucis de cadenas qui gèlent. Plein de solutions sont proposées lorsqu’on fouille les Internets: appliquer du lubrifiant PL-100, faire sécher le cadenas à l’intérieur puis mettre de l’huile, de l’eau bouillante…

Personnellement, j’évite autant que je peux de laisser mon vélo à l’extérieur. Si je n’ai pas le choix, j’enferme le cadenas dans un sac poubelle.

2. Bien s’habiller

Je dirais que l’habillement est la chose la plus importante, car  faire du vélo en ayant trop froid ou trop chaud coupe tout le plaisir. Durant ma première ride à -28 degrés, je transpirais à grosses gouttes, car j’avais pris mon manteau d’hiver habituel.

Il faut trouver le juste milieu, car une fois démarré, notre corps fait de l’effort et génère de la chaleur. Il faut idéalement avoir un peu froid en commençant la ride pour être bien tout le long. J’ai donc un peu ajusté ma tenue.

Tenue optimale

Crédit: Laïla Atrmouh

Manteau duvet 

On n’est pas alourdi comme on pourrait l’être par un vrai manteau d’hiver, et plus on fait de l’effort, plus on a chaud sans trop transpirer. En plus, il est compressible, donc c’est aussi un achat bien pratique en voyage. Les moins frileux seront aussi heureux avec un coupe-vent: je porte ce modèle au début de l’hiver, il est vraiment parfait aussi sous les grosses pluies printanières à la différence du manteau duvet.

Pull en mérino

  • Ça c’est vraiment un extra, car un simple gros pull peut suffir lors des températures vraiment froides. Mais je suis vraiment fan de cette matière qui garde particulièrement bien la chaleur du corps sans donner l’impression de porter 15 kg de vêtements. Je pense même investir dans des combines en mérino pour l’hiver prochain…

Guêtres

Pour protéger mon pantalon de la slush qui envahit généralement les routes d’hiver. Certains pourront aussi opter pour un pantalon de randonnée à mettre par-dessus le pantalon. Je le fais quand il y a beaucoup de slush sur la route, car ça a tendance à vraiment salir.

Tuque

Surtout si vous avez un casque d’été. Le but est de bien protéger les oreilles.

Mitaines

J’ai d’abord opté pour des gants, mais j’ai réalisé que j’avais quand même très froid aux mains. Mes mains sont plus heureuses dans des mitaines. Il existe aussi des mitaines qui s’attachent au guidon:

Je n’ai pas essayé, mais ça a l’air vraiment confo.

Foulard

Pour protéger le bas du visage (pommettes, nez). N’importe quel foulard convient, mais pour encore plus de confort, on peut investir dans un balaclava, sorte de cagoule qui couvre le cou et la majeure partie du visage, laissant les yeux à découvert. Il existe aussi des lunettes qui incluent des masques pour le bas du visage. J’en ai pas vraiment eu besoin cet hiver, mais tout dépend de votre budget.

Lunettes de ski

Bien pratiques, surtout lorsqu’il y a beaucoup de vent. Attention à l’agencement du foulard, qui peut créer de la buée sur les lunettes de ski. Pour les journées pas trop froides et ensoleillées, on peut aussi simplement porter des lunettes de soleil.

Chauffe-orteils/chauffe-mains

Vraiment optionnel, c’est surtout utile si vous avez des rides longues et très froides. J’en ai utilisé pour la randonnée Vélo sous zéro organisée à Montréal (-30°C). Journée très froide, mais bien ensoleillée, comme on les aime !

À noter: cela peut représenter un investissement, mais la plupart des vêtements et accessoires pourront être utilisés surtout si vous faites beaucoup d’activités l’hiver.  On m’a fait découvrir récemment un groupe de vente de vêtements de plein-air d’occasion. Vous avez aussi les solutions des outlets ou encore des sites de vente à rabais comme La dernière chasse.

3. Bien protéger sa peau

Vos pommettes, seule partie apparente de la peau, auront peut-être tendance à être irritées et rougies par le froid. J’ai rencontré certains cyclistes à l’événement Vélo sous zéro qui mettaient de la vaseline; personnellement, j’opte pour une crème naturelle pour peaux très sèches de Green Beaver. Sinon, du beurre de karité fait très bien la job.

4. Être sécuritaire

Je ne vais pas vous mentir, j’ai fait quelques chutes lorsque j’ai commencé à faire du vélo d’hiver, mais il ne faut pas se décourager ! Il faut juste être prudent.

Éviter de rouler trop vite

Ce sont les principales raisons de mes chutes. Je me sentais en confiance et en profitais pour passer à des vitesses plus élevées… Erreur ! C’est comme pour les voitures qui roulent plus lentement en hiver: la même règle s’applique en vélo. Je vous conseille aussi de mettre la selle un peu plus bas pour éviter de tomber de haut.

Être visible 

Lumières, vêtements flashy, bandes réfléchissantes… Soyez créatifs ! Il existe même des éclairages pour roues ! (C’est un peu intense :D. )  
Photo

Porter un casque

Certains disent que c’est inutile. Personnellement, je pense que ça ne coûte rien de le porter.

Éviter les rues trop fréquentées

Pour ma part, j’essaie d’éviter les voitures le plus possible en adoptant le réseau cyclable 4 saisons ou les rues à faible circulation. Certains automobilistes pensent que nous n’avons pas notre place sur les routes en hiver, malheureusement, et nous klaxonnent sans raison. Je préfère éviter ce genre de cas toxiques.

Avant de partir, s’assurer de pouvoir freiner 

Et ne freinez pas trop fort avec le frein avant…

Ne pas partir si on ne se sent pas à l’aise

Je me souviens d’un jour de tempête où j’avais essayé de prendre mon bolide, mais je n’étais juste pas capable de pédaler à cause du stress et tellement la neige était dense. Je me sentais coupable à l’idée de devoir prendre la voiture pendant que certains hurluberlus réussissaient quand même à pédaler. Écoutez-vous et ne vous jugez pas !

5. Bilan

Honnêtement, j’ai eu un gros coup de coeur pour le vélo et ne me vois plus utiliser un autre mode de transport à Montréal. J’appréhendais un peu la saison hivernale, mais j’ai l’impression que l’hiver doux que nous avons eu était le meilleur moment pour m’initier. Même lors des journées les plus froides, ma préparation m’a permis de savourer l’activité, des petits trajets pour aller au travail aux balades plus longues de plusieurs heures. 

6. Quelques ressources

Le groupe d’hurluberlus « Vélo d’hiver Montréal »

Vous y trouverez toujours quelqu’un pour répondre à votre question, débattre de la qualité du déneigement à Montréal ou faire l’état des routes sur certains axes… Cette communauté est vraiment active et enthousiaste, c’est le fun de suivre ce groupe !

L’atelier La remise

Outre la conférence « Vélo d’hiver », j’ai aussi assisté à un cours de mécanique de vélo 101. Il y a des sessions où un membre peut vous aider aussi à retaper votre vélo, pour les plus curieux.

Bicycletterie JR sur Rachel

Pour de petites réparations. Les tarifs sont raisonnables et c’est ouvert à l’année.

Au plaisir de vous croiser sur les pistes cyclables !

Laïla

Collaboratrice invitée

Auteure Collaboratrice invitée

Les billets de Collaboratrice invitée

Join the discussion 3 Commentaires

  • Dominique dit :

    Parce qu’ils reste encore beaucoup de sensibilisation à faire et parce que j’en est fait un combat personnelle depuis les dernières année, je suis très déçus de voir qu’on y fait aucune mention sur le fait avoir un bon cadenas comme si les voleurs existais pas l’hiver lol, pire toute les photos des vélos on des cadenas merdique, les pires sur le marché qui ce coupe en un clic. Désolé d’être aussi critique sur ce point mais la première chose que j’ai constaté c’est ça en étant très visuelle et croyez moi c’est aussi la première chose qui m’obsède quand je suis dans la rue et vous comprendrez pourquoi maintenant. lol. Hiver comme Été il faut bien ce protéger. Vélo Volé Montréal

    • Laïla dit :

      Effectivement, je n’ai pas donné de modèle de cadenas précis même si je donne des astuces sur comment éviter que le cadenas gèle. Je vais tenter de mettre à jour l’article. Merci beaucoup pour ce retour Dominique ! :)

  • Ça fait 20 ans que je circule à vélo à Montréal, été comme hiver. Il n’y a aucun cadenas à l’Épreuve totale du vol, je préfère investir le minimum dans mon vélo de travail, comme ça lorsqu’il sera volé, je n’aurai pas de regret. Je ne change pas de pneu pour l’hiver, j’ai des pneus réguliers sur mon 10 vitesses canadian tire que j’ai choisi le plus laid possible pour décourager les voleurs :) Je ne fais aucune modification sur ce vélo que je prends été comme hiver pour aller au boulot (ce n’est pas mon vélo de route). Au contraire de toi, je préfère prendre les grandes rues qui sont plus passantes oui, mais surtout 1. mieux déblayées et 2. plus larges, ce qui facilite la cohabitation avec les automobilistes qui peuvent nous dépasser plus facilement et ont donc moins tendance à nous klaxonner comme sur les petites rues étroites. J’ai installé des garde boue sur mon vélo ce qui permet de garder le dos propre (!) mais la slotche s’y accumule quand il y en a beaucoup et ça rend le trajet très forçant! Mais je préfère quand même les garde-boue, comme ça je suis moins dégueux quand j’arrive à ma job et je scrap moins mon manteau. Pour l’habillement, j’ai des collants de jogging jusqu’à -6 environ, et ensuite des pantalons de vélo achetés chez mec, doublés en polar mince, devant en nylon et derrière en neoprene, donc qui respirent, craqués aux genoux, avec zipper dans le bas; vieilles bottes de rando scrap; chandail mince doublé respirant, avec un 2e les jours où il fait -25 ou moins; 2 cache col, un pour le cou et un pour la face; 1 tuque en drytech, avec une 2e tuque en laine quand il fait -10 et moins; je mets pas trop des grosses mitaines parce que j’ai tjrs chaud aux mains :) Je pense que la clé du vélo hivernal, comme tu le fais justement remarquer, est d’ajuster sa vitesse, et d’aileurs le vélo en ville devrait tjrs être assez lent à mon avis. L’hiver je ne freine pour ainsi dire jamais, je vais tellement lentement que je cesse de pédaler et je m’arrête. Il faut se garder une marge de manoeuvre. Il faut dire que les temps ont changé (pour citer diane tell!), les automobilistes sont beaucoup moins surpris qu’il y a 20 ans de voir un cycliste en hiver, je note une belle amélioration de ce côté. Comme je fais toujours le même trajet, j’ai développé de bons réflexes aussi quant à l’état de la chaussée, au comportement des automobilistes, aux carrefour + dangereux, etc.

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