La saison du jardinage bat déjà son plein, mais sans doute y a-t-il quelques retardataires parmi vous qui entament tout juste la préparation de leur potager. Il est en effet prudent d’attendre le dernier gel au sol, qui survient à Montréal vers la fin mai et parfois aussi tard qu’au début du mois de juin, avant de semer et de planter en pleine terre. Mais le temps est bien arrivé! Peut-être l’envie vous viendra-t-elle de vous retrousser les manches et de vous armer d’une bêche pour retourner la terre… stop ! Avant de vous faire un tour de reins, voici quelques mises en gardes contre le labour. Profondément ancré dans notre imaginaire agricole, il s’avère souvent inutile, voire nuisible, et il est depuis plusieurs années critiqué par les tenants du jardinage écologique.

Un sol qui grouille de vie

Dans son état naturel, la terre a une remarquable capacité à se régénérer au fil des saisons. Sans intervention humaine, des couches de déchets végétaux s’accumulent et se décomposent à la surface du sol. L’air, l’eau et les vers dégradent ces matières et les font circuler dans la terre, et les micro-organismes qui s’y trouvent désagrègent les déjections des lombrics pour en faire des nutriments assimilables par les végétaux. Retourner tout ça revient à défaire ce fabuleux travail de la nature tout en suant inutilement !

Le cercle vicieux de la perturbation

Le bêchage fait remonter à la surface des organismes qui préféreraient rester à l’abri de la lumière et perturbe le sol au point de le rendre moins fertile. Comme si ce n’était pas suffisant, en dégageant le paillis formé par les végétaux morts qui protègent le sol, on le met à nu et on l’expose aux pluies. Résultat : il devient dur et craquelé, et l’air y circule moins facilement, ce qui empêche sa bonne oxygénation et la libre circulation des vers de terre. En labourant, on perturbe donc le milieu de vie qu’abrite le sol et on l’entraîne dans un cercle vicieux d’interventionnisme : plus sec, il a besoin d’être arrosé plus souvent, et moins fertile, il demande à être traité avec des engrais.

Une solution moins fatigante et plus écologique !

Man with a Hoe (Jean-François Millet 1860-1862)

Préservez donc votre nerf sciatique et profitez du compost naturel qui se crée au fil des saisons. Avant le premier gel, protégez le sol avec du paillis végétal (copeaux, foin, rebuts fauchés des cultures du jardin – attention toutefois aux mauvaises herbes montées en graines : elles se ressèmeront !). À l’arrivée des beaux jours, recouvrez simplement la surface du sol de compost pour préparer la terre à la nouvelle saison de jardinage. Si vous souhaitez aérer délicatement un terreau trop compact, utilisez un outil moins brutal qu’une bêche, comme la grelinette (ou « fourche à bêcher »), inventée justement pour éviter de retourner la terre. Quant au compost au potager, je vous en dirai plus dans mon prochain billet !

Luba

 

 

 

 

Sources :

http://www.gerbeaud.com/jardin/jardinage_naturel/retourner-terre-sol-vivant.php

https://www.rustica.fr/articles-jardin/pas-labour,340.html

Luba

Luba

Je me décris comme: Grano-intello, mais pas particulièrement chic. Ma devise: « It's chaos. Be kind. » - Michelle McNamara Mon cheval de bataille écolo: Le gaspillage de toute espèce. Mes faiblesses: Je me déplace à vélo, mais j'accepte un peu trop volontiers les lifts... et j'aime trop les roadtrips. Ma recette DIY favorite: Les chandelles à la cire d'abeille. Je jase de quoi sur le blogue? De plantes et de jardinage, surtout.

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