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IMPORTANT – COVID-19

Aucune plante, huile essentielle ou produit naturel ne peut remplacer les gestes barrières pour éviter la propagation de la COVID-19 : la distanciation sociale, la quarantaine en cas d’apparition de symptômes ou de contact avec une personne touchée, le port du couvre-visage et le lavage des mains.

Certains produits sont utilisés traditionnellement pour soutenir des acteurs du système immunitaire ou empêcher la prolifération des micro-organismes, mais jusqu’à maintenant aucun n’a donné de preuves suffisantes pour prévenir ou soulager l’infection au coronavirus.

Soyez prudent·e·s et respectez les mesures sanitaires !

La légende des quatre voleurs

On vous propose un voyage dans le temps, dans le sud de la France – certains disent à Toulouse, d’autres à Marseille. Entre le XIVe et le XVIIIe siècle, deux épisodes de peste noire ont fait des ravages parmi le peuple. Une personne sur trois en périt. Curieusement, certains semblent être miraculeusement immunisés : un groupe de brigands qui pénètrent dans les maisons des morts pour prélever leurs bijoux et leurs richesses, délestent les poches des cadavres qui jonchent la ville et creusent dans les fosses communes sans jamais être touchés par la maladie. Les villageois ne s’inquiètent pas, « La peste finira bien par les achever ! » se disent-ils, avant de retourner faire des tartelettes portugaises et dessiner des arcs-en-ciel dans leurs fenêtres.

Mais les vols continuent, jusqu’au jour où les voleurs sont finalement pris la main dans le sac. Menacés d’être brûlés sur le bûcher, les filous révèlent leur secret : avant de sortir commettre leurs larcins, ils enduisent leurs vêtements et leurs masques de tissu d’un élixir botanique censé les protéger de l’infection. Il s’agit d’une simple teinture de plantes aromatiques et médicinales dans un vinaigre de cidre ou de vin.

Cette potion folklorique existait bien avant les premières éclosions de peste, mais à cause de cette petite histoire, on la surnomme encore « vinaigre des quatre voleurs » plusieurs siècles plus tard.

Avant la découverte des microbes (comme les bactéries et les virus), on croyait en la théorie des miasmes, selon laquelle les maladies auraient été transportées par l’air nauséabond. Tout ce qui pue porte la maladie !, pensait-on. Cette croyance a donné naissance au fameux masque à bec d’oiseau cauchemardesque des docteurs de la peste. Les médecins remplissaient ces masques de plantes aromatiques et de pétales de fleurs, persuadés que le fait de respirer des odeurs agréables les protégeait de l’infection.

docteur de la peste

Source: http://melisadesrosiers.com

Le vinaigre des quatre voleurs : comment ça marche ?

La théorie des miasmes a été remplacée par la théorie microbienne au XIXe siècle. Si on sait maintenant que les beaux parfums floraux respirés par les médecins à l’époque de la peste ne les protégeaient en rien, comment les voleurs arrivaient-ils, eux, à ne pas attraper la maladie en côtoyant autant de cadavres contagieux ?

Vinaigre des voleurs

Photo: Jacinthe Morin

Contrairement aux fleurs sélectionnées par les médecins pour la puissance de leurs parfums, plusieurs des plantes utilisées dans la mixture des voleurs sont connues pour leur effet antibactérien et antiviral, et sont toujours employées en herboristerie moderne. Les huiles essentielles qu’on en retire semblent aussi avoir des propriétés anti-infectieuses très puissantes.

Certaines des plantes utilisées (reine-des-prés, romarin, sauge, thym) sont considérées comme diaphorétiques, c’est-à-dire qu’elles encouragent la sudation et peuvent aider à faire baisser la fièvre.

De plus, à l’époque de la peste, ces plantes aidaient à éloigner les puces porteuses du bacille causant la maladie. Un autre petit plus pour nos voleurs détrousseurs de cadavres : le camphre ainsi que l’acide salicylique présent dans la reine-des-prés avaient pour effet de masquer l’odeur de putréfaction ! (Bien que ce petit plus ne les protégeait pas, cette propriété n’est certainement pas de refus quand tu t’adonnes à ce type de pratiques, haha.)

Vinaigre des quatre voleurs

Photo: Jacinthe Morin

On ne saura jamais si la légende des quatre voleurs est bel et bien vraie. L’origine géographique, l’époque et même le nombre de voleurs varient selon qui raconte l’histoire ! Une autre version rapporte que les quatre voleurs travaillaient au port de Marseille et déchargeaient à longueur de journée des poches d’herbes et d’épices, et que ç’auraient été leurs vêtements imprégnés de poudres de plantes qui les auraient rendus invincibles !

Par contre, on sait que les vinaigres « médicinaux » peuvent encore de nos jours être des alliés importants dans la prévention des infections. On peut considérer notre version du vinaigre des quatre voleurs comme une alternative plus douce au cidre de feu.

Oui, mais il y a quoi là-dedans ?

La recette traditionnelle comporte de l’armoise, de la reine-des-prés, de l’origan, du genévrier, des fleurs de sauge, du clou de girofle, de la racine de campanule, de l’angélique, du romarin, du marrube blanc et du camphre. En raison de la présence de camphre, il s’agissait bien sûr d’une préparation qu’on utilisait en friction sur la peau et non qu’on avalait.

Comme s’enduire le corps de vinaigre risque de ne pas faire l’unanimité (haha !), on a opté pour une recette qui se consomme facilement de façon orale et qui se prépare avec des ingrédients qu’on a déjà dans le garde-manger.

Vinaigre des quatre voleurs

Photo: Jacinthe Morin

Vinaigre des quatre voleurs

Rendement : 450 ml

Conservation : 6 mois à 1 an

Ingrédients

Marche à suivre 

  1. Dans un pot de 500 ml propre et sec, déposer les plantes séchées, les épices et l’ail, puis remplir de vinaigre de cidre.
  2. Fermer le pot avec un couvercle de plastique ou insérer une feuille de papier ciré entre le pot et le couvercle si on utilise un couvercle de métal ; l’acidité du vinaigre risque de faire oxyder le métal.
  3. Laisser macérer 2 à 4 semaines en remuant chaque jour.
  4. Filtrer avec un tamis fin ou un coton à fromage.
  5. Conserver à l’abri de la lumière.

Les 1001 utilisations

« Shot » santé

Mélanger 1 c. à soupe (15 ml) de vinaigre et 1 c. à soupe d’eau, ajouter 1 c. à thé (5 ml) de miel si désiré.

Switchel des quatre voleurs

Mélanger ¼ de tasse (62 ml) de vinaigre, 2 tasses (500 ml) d’eau plate ou pétillante, le jus d’un citron et sucrer au goût avec du miel ou du sirop d’érable.

Vinaigrette aromatique

Mélanger ¼ de tasse (62 ml) de vinaigre, ½ tasse (125 ml) d’huile d’olive, une cuillère de moutarde de Dijon et saler et poivrer au goût.

vinaigre des quatre voleurs

Photo: Jacinthe Morin

Autres usages alimentaires

Ajouter dans les sauces, soupes, bouillons, trempettes et marinades pour ajouter du punch et de la saveur !

Rince-bouche

Mélanger une part de vinaigre et une part d’eau, utiliser comme rince-bouche quotidien ou en gargarisme en cas de mal de gorge.

Tonique facial

Mélanger une part de vinaigre et deux parts d’eau ou d’hydrolat, tamponner doucement le visage avec le mélange pour un effet tonifiant et astringent.

Spray nettoyant

Mélanger une part de vinaigre et une part d’eau dans une bouteille à vaporisateur, utiliser comme nettoyant tout usage.

Contre-indications et précautions

Tous les ingrédients du vinaigre des quatre voleurs sont sécuritaires lorsque consommés de temps à autre. Pour une utilisation fréquente, on doit prendre quelques précautions.

Les préparations à base de vinaigre sont peu recommandées aux personnes souffrant d’ulcères ou d’irritations de l’estomac.

Le romarin, le thym et l’ail peuvent interagir avec certains médicaments, en particulier ceux qui agissent sur la viscosité sanguine.

On recommande d’éviter le vinaigre des quatre voleurs pendant la grossesse, par précaution. On évite la sauge pendant l’allaitement, car elle peut contribuer à tarir la production de lait.

Les Trappeuses

Les Trappeuses, c’est le projet d’Audrey Woods, Marie Beaupré et Mariane Gaudreau (de gauche à droite sur la photo). Un projet entièrement féminin qui vise à inspirer les gens, depuis 2014, à adopter des gestes de consommation responsables et à fabriquer leurs produits cosmétiques et ménagers dans une approche minimaliste et à faible impact sur l’environnement. La demande grandissante pour nos ingrédients, notre livre (près de 20 000 exemplaires vendus en moins d’un an!), nos recettes (plus de 100 000 visiteurs uniques sur le blogue chaque mois) et nos produits nous a stimulé à franchir ce nouveau cap entrepreneurial: ouvrir une boutique en ligne en 2018, ainsi qu’un pignon sur rue en 2019!